L’APLV est définie par une réaction immunologique vis-à-vis d’une ou plusieurs protéines du lait et est responsable d’une variété considérable de symptômes, impliquant la peau, le tractus digestif, et parfois le tractus respiratoire.
Les mécanismes immunologiques de l’APLV sont de 2 types : soit médiés par les IgE (APLV IgE-médiée), soit à médiation cellulaire (APLV non IgE-médiée).

L’APLV IgE-médiée
Quand y penser ?
Devant une réaction survenant dans les 2 heures après la prise de lait ou d’un aliment à base de lait de vache, et associant diversement rhino-conjonctivite, toux, éruption urticarienne, douleurs abdominales, vomissement, œdème…

Le diagnostic de l’APLV IgE-médiée est le plus souvent facile.

Devant une réaction immédiate, si le dosage des IgE spécifiques au lait et/ou le prick-test au lait sont positifs, le diagnostic est porté. Il est inutile, voire dangereux de faire un test de provocation orale (TPO) pour confirmer le diagnostic.
Par contre, une réaction de type immédiate, peu sévère, après la prise de lait, ne peut à elle seule faire le diagnostic de l’APLV si le dosage des IgE spéicfiques et/ou le prick-test sont négatifs. Un avis spécialisé sera utile afin d’envisager un TPO en milieu hospitalier pour confirmer ou infirmer le diagnostic.

Prise en charge
Le traitement de l’allergie aux protéines du lait de vache repose :
• sur un régime d’éviction des protéines lactées (lait, laitages, fromages et tous produits dérivés du lait),
• la prescription d’une trousse d’urgence, avec un anti-histaminique. Un stylo autoinjecteur d’adrénaline n’est indiqué chez le nourrisson que dans les formes très sévères. Chez le nourrisson, il est indispensable de prescrire un hydrolysat poussé de protéines spécifiques qui assure des apports nutritionnels corrects (1).

L’évolution
L’évolution de l’APLV IgE-médiée se fait vers la guérison spontanée dans 80 % des cas. Un bilan allergologique doit être fait régulièrement au cours de la croissance afin de décider d’une réintroduction du lait, celle-ci devant impérativement être faite en milieu hospitalier lors d’une APLV IgE-médiée.

L’APLV non IgE-médiée

Quand y penser ?
La symptomatologie est dominée par les troubles digestifs chroniques non spécifiques et l’eczéma. La particularité de ces symptômes est qu’ils sont diversement associés entre eux et anormalement sévères, durables et/ou résistants aux traitements bien conduits.

Le diagnostic de l’APLV non IgE-médiée nécessite une démarche rigoureuse
Par définition, les prick-tests et le dosage des IgE spécifiques sont négatifs ou à des taux très faibles et non significatifs. Le seul examen de routine disponible est le patch-test au lait qui étudie les réactions de type retardé. La sensibilité de ce test augmente avec l’âge. Avant l’âge de 6 mois, seulement 50 % des enfants ayant une APLV avec des manifestations digestives ont un patch-test positif, contre 82 % après l’âge de 1 an.
En présence de troubles digestifs non spécifiques du nourrisson, après évaluation des autres possibilités étiologiques, il est possible de proposer, chez le nourrisson, un régime d’épreuve sans PLV même si le patch-test est négatif. Le diagnostic d’APLV sera confirmé par la disparition des symptômes lors du régime d’exclusion maintenu pendant au moins 1 mois et la récidive de ceux-ci lors de la réintroduction du lait. Cette épreuve de réintroduction est indispensable devant des troubles digestifs non spécifiques ou de l’eczéma, dont l’évolution naturelle peut être l’amélioration spontanée avec l’âge.Prise en charge
Le régime d’exclusion du lait est identique à celui de l’APLV IgE-médiée, mais il n’est pas utile de prescrire une trousse d’urgence. En cas d’amélioration clinique mais persistance de certains symptômes, un avis d’expert peut être demandé pour envisager la prescription d’une formule à base d’acides aminés.

L’évolution
L’évolution de l’APLV non IgE-médiée se fait vers la guérison spontanée dans 100 % des cas. Celle-ci peut être assez rapide dans certains cas, il faut donc régulièrement envisager des réintroductions du lait. Un élargissement du régime jusqu’à la quantité tolérée par l’enfant est souvent possible avant que la tolérance définitive ne soit acquise.



Références
(1) : C Dupont, JP Chouraqui, D de Boissieu et al. Prise en charge diététique de l’allergie aux protéines du lait de vache. Arch Pediatr 2011 ; 18 : 79 – 94.

/!\ Info: Nous avons décidé de reprendre le site source car les informations y sont tellement claires qu’on ne pourrait faire mieux.