Alors quand traiter? quand s’inquiéter? que faut-il faire?

Phase 1: rassurer les parents et donner les mesures thérapeutiques de base (que vous retrouverez ici).

 

/!\ On n’épaissira pas le LAIT MATERNEL (doc fait pour le RGO en général et en particulier pour les bébés RGO au biberon) !

Mais pourquoi?

Epaissir le lait est encore fréquemment recommandé ; on recommandera alors de donner à l’enfant un épaississant avant les tétées (caroube, Gélopectose®, mucilage : Gulmik®, amidon de maïs : Magic Mix®). Des études ont toutefois montré que cela n’avait guère d’impact sur la symptomatologie d’un RGO sévère. En cas de régurgitations, le lait épaissi est nettement plus agressif pour la muqueuse œsophagienne que le lait seul. Par ailleurs, l’épaississement du lait a pour principal effet d’induire une constipation qui peut éventuellement aggraver le RGO. Ces épaississants peuvent améliorer la symptomatologie douloureuse, tout en laissant évoluer le RGO à bas bruit, ou aggraver l’ensemble du tableau. Une étude de Dietsch et coll a suivi 413 enfants souffrant de RGO. Chez les enfants de moins de 4 mois (n = 147, dont 19% étaient exclusivement allaités, et 12,2 % étaient partiellement allaités), 87 % de ceux qui avaient une alimentation épaissie régurgitaient contre 58 % des enfants dont l’alimentation n’était pas épaissie. La diversification n’avait pas non plus d’impact favorable : 71,4 % des enfants qui avaient une alimentation diversifiée régurgitaient, contre 57,7 % des enfants qui ne consommaient que du lait.

(Source: LLL)

Phase 2: les médicaments

Certains IPP ont obtenu l’AMM chez l’enfant à partir de 1 an pour l’œsophagite, la prévention des récidives de l’œsophagite et le RGO symptomatique (pyrosis du grand enfant) : attention au risque de prescription excessive !! Toutes les autres prescriptions sont hors AMM, et pour la plupart contraires aux recommandations internationales.
Il n’existe pas de prokinétique efficace utilisable.
L’alginate (Gaviscon) doit être utilisé avant le repas et non après.

En cas de signes d’œsophagite (douleurs ou malaise pendant le biberon, hématémèse, mauvaise croissance, l’hématémèse étant le seul signe spécifique) : endoscopie avant traitement. Les pleurs isolés du nourrisson ne sont pas un point d’appel pour le reflux. Pas de traitement par IPP à l’aveugle (et hors AMM).

La nécessité d’un traitement médicamenteux doit être soigneusement pesé ; il représente en effet une contrainte importante, et il interfèrera de façon importante avec l’allaitement. Force est de constater que les régurgitations sont abusivement hypermédicalisées en France, ce qui est inquiétant dans la mesure où les traitements ne sont pas dénués d’effets iatrogènes. Une enquête effectuée en 1996 dans les Yvelines avait montré que 32 % des enfants de moins de 6 mois avaient un traitement anti-reflux, 90 % de ces enfants recevant du cisapride (Prépulsid®).

A priori, un traitement médicamenteux anti-reflux n’est pas indispensable chez un enfant dont la croissance est normale, et qui ne présente pas de symptômes indiquant des complications pulmonai-res, sauf si les manifestations douloureuses sont importantes.

Les accélérateurs de la vidange gastrique n’ont pas démontré d’efficacité significative sur la fréquence des épisodes de reflux, mais ils ont un impact sur la pHmétrie gastrique. Le métoclopramide (Primpéran®) n’est réellement efficace qu’à partir d’une posologie potentiellement toxique provoquant de fréquents effets iatrogènes neurologiques, raison pour laquelle il est à déconseiller. Le dompéridone (Motilium®) a démontré une efficacité à une posologie de 0,8 à 2 mg/kg/jour. Le cisapride (Prépulsid®) peut être utilisé à la posologie de 0,6 à 0,8 mg/kg/jour (avec surveillance de l’espace QT par ECG).

Les antiacides (sels d’aluminium, de calcium, de magnésium, sucralfate, smectites…) ont pour rôle de diminuer les symptômes d’oesophagite, et en particulier les manifestations douloureuses. L’oesophagite peut en effet aggraver le manque de tonus du cardia, et favoriser le RGO. Leur effet clinique reste peu étudié ; ils ont peu d’effets secondaires.

Les antisécrétoires (cimétidine, ranitidine, oméprazole) ne sont normalement pas utilisés en pédiatrie. Bien que peu d’effets secondaires aient été signalés chez des bébés traités avec ces molécules, ils seront réservés aux cas de RGO sévères, ayant résisté aux autres traitements, sous contrôle endoscopique régulier, et pendant un temps aussi court que possible.

(Source: LLL)

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En gros, le schéma de base pour traiter un RGO: 

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Sources à lire avant de donner un IPP: